Artisanat : des métiers à l’agonie

La pandémie de la maladie à Coronavirus, COVID-19 représente une période complexe pour les industries de la culture de l’artisanat et du tourisme, Mali Culture a rendu visite à la maison de l’artisanat de Bamako à Sougouba (Grand Marché).

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Presque plus de mouvement à la maison des artisans, située, en plein cœur de la capitale malienne. La maison des artisans de Bamako « Artisanat » jadis maison des artisans du Mali, est ce lieu où l’on se perd avec plaisir à explorer les merveilles de la création artisanale du Mali.

De la création d’une maison pour les artisans

La maison fut baptisée par la loi du 26 juillet 1986, maison des artisans du Mali, dans le souci d’assurer la formation et la professionnalisation de la création artisanale malienne. En 1995 des reformes dans le secteur de l’artisanat, vont stimuler la création d’autres maisons artisanales dans différentes villes à travers le pays, notamment, à Gao, Ménaka, Tombouctou et Kidal. Après adoption d’un projet de loi en conseil des ministres, le 18 octobre 2006, la maison des artisans du Mali va prendre le nom de Maison des Artisans de Bamako, compte tenu de la décentralisation.

Le manque de flux de clients

Le bâtiment de « l’Artisanat » dispose des centres et ressources nécessaires pour la formation et la viabilisation des produits fabriqués en son sein. Les détenteurs de plusieurs ateliers à travers le Mali ont été formés là. Les crises multidimensionnelles tuant, peu à peu, les activités touristiques ont entamé l’engouement pour la création artisanale. C’est ce que nous fait constater Boubacar Simpara un sculpteur de la place qui y a fait sa formation avant de détenir son propre atelier. Il nous affirme, qu’aujourd’hui, il n’a plus le même enthousiasme que pendant sa formation : “C’est la clientèle qui confirme mon métier, l’artisanat manque de flux de nos jours au point que nous perdons tout espoir.”

Des métiers à l’agonie

Les artisans, du Bogolan aux bijoux, des sculpteurs aux cordonniers, même les maroquiniers, estiment que le flux timide des touristes n’est pas comblé par la fréquentation des locaux. Le Directeur de l’artisanat, Mr Boubacar Mohamed Samaké confirme la tendance avec désarroi. En plus des difficultés mentionnées plus haut, la vente de fausses pièces en or et argent ont contribué à ternir la réputation de la maison des artisans, auprès de la clientèle nationale. Seydou Sissoko, bijoutier qui tient son art de sa famille, pense que la faute est aux charlatans vendeurs de pacotille.

La maison des artisans, reste tout de même un lieu de curiosité pour les bamakois, qui de passage dans le grand marché font un arrêt pour visiter et admirer la créativité malienne, qui gagnerait une part du marché en rehaussant la qualité des pièces en vitrine.

Fama Mademba Sacko