Elle s’appelait Ramata Diarra

Il était une fois une petite fille de Fana, nommée Ramata, née albinos. Ramata eut juste le tragique destin d’être Albinos.

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Le 13 mai 2018, tout le Mali se réveille d’une nuit de cauchemar d’un meurtre qui venait de se perpétrer à quelques lieues de Bamako, Fana. Le crime sacrificiel intervient souvent en Afrique pendant les périodes pré-électorales. Le crime sacrificiel consistant à ôter la vie à une personne née albinos ou rousse pour une certaine croyance rétrograde et simplement barbare. Un crime est un crime et mérite sanction judiciaire. Une pratique qui priva de nombreux enfants de la vie.

La lutte contre cette pratique barbare se trouve un combat de longue date de l’Artiste Salif Keita, de Thierno Diallo, l’actuel Ministre des affaires religieuses et du Culte au Mali, tous deux nés albinos.  Deux enfants de l’artiste malien, l’oiseau blanc Salif Keita partagent l’albinisme avec leur père. C’est aussi le combat d’autres personnes engagées de la société civile.

Elle s’appelait Ramata, elle était albinos. Dans cette nuit terriblement noire, une enfant venait de perdre la vie dans les mains barbares de son bourreau. Le Mali entier fut choqué par l’information fracassante du meurtre de Ramata Diarra.

Pour répondre par l’action, le projet du livre collectif en hommage à Ramata est né, initié par l’association Voix du Mali, VOM. Tous les co-auteurs du recueil, se trouvent démunis face aux mots à exalter, trouvés, nés de la douleur d’une plume trempée dans leurs larmes. Hommes et femmes du Mali, de la Côte d’Ivoire, d’Algérie, du Sénégal, du Gabon, du Congo, du Maroc, du Cameroun de France et des États-Unis ont répondu à l’appel. Un ouvrage collectif dirigé par la jeune Auteure malienne Aicha Diarra, des personnalités maliennes y ont également pris part comme Moussa Marra, ancien premier ministre et homme politique. En hommage à Ramata Diarra est le cri de cœur en chœurs de ces hommes et femmes de la société civile malienne, africaine et du monde, pour dire NON à l’inacceptable.

Une cérémonie de lancement du livre est prévue à Fana, le 24 novembre 2018 à partir de 9h30. Le recueil sera disponible partout dans le monde. Mali Culture a pris part à l’initiale avec deux poèmes de sa fondatrice et est partenaire média de cet ouvrage, bien sûr partage la douleur de la famille de la fine fleur.

L’indignation nationale continue ce week-end du 17 novembre 2018 quelques mois après, à Fana où Ramata vivait avec ses parents. Salif Keita, l’artiste international, dédie son dernier album à la petite fille et marque la fin de sa carrière par un grand concert en hommage à Ramata. Enfant que le Mali pleure.

Le Mali dit NON à ces crimes odieux, au nom de Ramata et tous les autres, pour que nous puissions garder la tête haute.

Poème pour Ramata

 

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MaliCulture est une jeune et nouvelle initiative de Dia Djélimady SACKO, Femme de Lettres, de Culture, Chargée de communication et Ex-professeur de Lettres, consultante en édition. Entreprenante et passionnée de Médias et de Culture, la franco-malienne travaille pour faire de Mali Culture la référence médiatique en matière de vulgarisation des expressions culturelles au Mali. Avec sa petite équipe de stagiaire, qu’elle veut voir grandir, elle entend accompagner les entreprises culturelles dans la diffusion et la valorisation de la culture malienne. Dia est diplômée d’un Master2 de Lettres Recherche et de Science de l’Éducation de l’Université de Toulouse.

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