In mémorandum Seydou Badjan Kouyaté

À votre appel Seydou Badian, le Mali répond oui nous serons au rendez-vous. Ce n'est qu'un au revoir ça ne puis être un Adieu l'homme s’envole, l'écrit reste.

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Entrée dans nos vies à l’enfance par ce chant glorieux hautement patriotique qui vibre nos cœurs d’espérance Monsieur, nous déclarons la main sur le cœur que nous serons tous unis ». Unis, nous accompagnons ce jour le père à sa dernière demeure.

Il était une fois sous l’orage alors adolescents nous découvrons notre première histoire d’amour complexe. Roman d’initiation, Sous l’orage prépare l’adolescent à entrer dans la complexité de la vie, de la réalité du monde qui l’entoure. Une phase complètement difficile pour l’adolescent des années 60 à marée haute entre tiraillement : le dilemme de la tradition ou de la modernité.

On grandit avec le raclement de la gorge (à la fin du roman) du Père Benfa qui doit laisser les temps modernes faire irruption dans sa cour familiale.  Dans un Mali à peine indépendant où le porteur de plume se trouve un des pères fondateurs de l’ouvrage de l’indépendance, le Grand Roman de sa vie raconte ses temps en profonde mutation.

Comme ses contemporains l’intellectuel allie politique et littérature. Deux supports essentiels à la libération de l’esprit et des corps du nouveau décolonisé dont l’héritage consistera à léguer sans gémir la mémoire d’un peuple, de toute une génération.

Adulte on se laisse emporter par la trame du sang des masques. Le sang des masques, n’est-ce pas là à nouveau comme une récidive le portrait de l’africain nouveau face à son destin entre tradition et modernité ?

Roman d’actualité dans une Afrique contemporaine dont les pays se posent aujourd’hui la problématique du retour de leurs œuvres d’art au berceau.

Grand témoin de l’histoire africaine qui ouvre de nouvelles pages tous les jours, La saison des pièges qu’on voit en miroir au Soleil des Indépendances de Amadou Kourouma, ferme la Saga des romans sociaux Kouyaté.

Fidèle aux préceptes de la peinture sociale du grand roman engagé comme un testament, l’ultime œuvre vient confirmer l’humanisme, la connaissance des hommes et des évènements. L’homme de culture s’en va plume à la main, plus que jamais les cœurs de ses enfants vibrant de courage aux chants fleurissant d’espérance.

  • Pour l’Afrique et pour toi Mali
  • Notre drapeau sera liberté
  • Pour l’Afrique et pour toi Mali
  • Notre combat sera unité
  • O Mali d’aujourd’hui
  • O Mali de demain

Flambeau passé, nous espérons être dignes de cet héritage de la nouvelle ère de l’Afrique qui doit s’écrire à nouveau sans frémir. Le monde est recommencement, les pages de l’histoire restent ouverte au nom de la mémoire collective.

Djërëdjëf Borom Plume, Grand Maître des lettres africaines !

Doudou Badian: 1928-2019

Repères bibliographiques

  • 1957 : Sous l’orage suivi de La Mort de chaka.
  • 1965 : Les Dirigeants africains face à leurs peuples, Grand prix littéraire d’Afrique noire.
  • 1976 : Le Sang des masques.
  • 1977 : Noces sacrées.
  • 2007 : La Saison des pièges, Nouvelles Éditions ivoiriennes et Présence africaine.

Dia Djélimady Sacko

1 COMMENTAIRE

  1. Le seul roman que le commun des maliens connait est sans doute Sous l’orage ou le mariage de Kany comme l’affectionnent les enfants. Seydou Badian est cependant un des auteurs de l’hymne national même si à tort on lui attribue tout le mérite et au moment de lui rendre un dernier hommage, il serait bien de se souvenir de ses compagnons vivants ou morts qui ont eu le mérite de se joindre à lui pour donner au Mali et à l’Afrique, la plus belle des chansons.

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