Kwal : l’un des plus maliens des artistes français

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En 2002 Vincent Loiseau le rappeur français d’Angers dit Kwal faisait une résidence musicale au Mali dans le cadre du jumelage Bamako-Angers. Duquel est né un groupe de musicien d’enfants de la rue Guéréboukoukan. Pour les quarante ans du jumelage et les vingt ans de la maison du jumelage, le malien de cœur qui répond, également à Ousmane Samaké, revient sur ses pas dans une autre résidence dont le projet a été restitué ce soir le vendredi 13 avril 2018 à l’Institut français de Bamako.

Il y a quinze ans Kwal et Adama Yalomba écrivaient leurs premiers textes Adama denkô et Ciwara, repris pendant cette nouvelle résidence qui les réunissait. Autour d’eux, pour ce concert, quatre artistes maliens et deux français les ont accompagnés. La salle découvre une création éclectique entre chants, poésie et slam, rythmée aux sons d’instruments de musique traditionnels maliens : kamalen ngoni, calebasse, flûte peule ; et de violon et guitare basse. Après une première partie assurée par le conteur malien Salif Berthé, Yalomba et Kwal se lancent dans un premier chant, Malisadio, qui campent l’estime de ce parolier tombé en amour pour le Mali. Pour qui connaît la légende de Malisadio, c’est l‘histoire, la belle histoire d’amour entre deux âmes totalement différentes. La mélopée amoureuse d’un Hippopotame et d’une humaine. Il récite sa partition dans un bambara sans air.

Vient le tour d’un voyage poétique au cœur de la méditerranée, le spectateur porté par les vents chauds de la liberté, de la poésie d’Abou El Kacem Chebbi, poète tunisien du 20e siècle, La volonté de vivre. Un chant brassé au son de violon, où l’artiste défis avec justesse en arabe, les grandes voix orientales telles : Oum Kalthoum ou encore plus moderne Souad Massi, pour cette traversée en poésie il est accompagné également du percussionniste de calebasse, Prince. Les hurlements muets, une valse poétique sur la timidité, « ces grands muets au rougissement spontané éponge à  émotions » a précédé, adamadenko: »imana ta yoro yoro ité foyi yé adamadenko » introduit cet autre morceau en bambara parfait, avec Adama Yalomba.

Le temps qui me reste aux airs de musique à la Zebda, rythme ensoleillé du Sud de la France et musique celtique mélangés à une pincée de bossa nova, a bouclé la ballade nocturne de ce nouveau groupe franco-malien aux lianes métisses, le temps qu’il se pose à Angers avant de prendre la route des tournées. Le grand amoureux du Mali qui nous confie sous le ton de la confidence sa profonde amitié, ne dit pas Adieu au Mali. Pour Vincent Loiseau dit Kwal, le Mali c’est l’histoire d’une passion, dixit-il: « Ma passion du Mali m’est venue d’une série de rencontres avec des maliens. Les musiciens au Mali sont extraordinaires, la musique malienne me transperce. »

Dia Sacko

@MaliCultureML

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