Pour une industrie de la culture

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Marginalisée, la culture est l’un des portefeuilles ministériels les plus pauvres en termes de budget. Pourtant, la renommée du Mali est aussi due à sa grande richesse en la matière.

0,37 %, c’est ce que représente sur le total le budget alloué à la culture au Mali. Un chiffre très mince, compte tenu de la grande richesse culturelle du pays. Au département dédié, dirigé par Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, on espère que ce chiffre atteindra 1 %. « Ensuite nous verrons avec les acteurs culturels comment  convaincre que ces 1 % sont mérités. Il y a une campagne de plaidoyer actuellement auprès de l’Assemblée nationale et du gouvernement afin de voir comment augmenter ce budget ».

L’une des solutions serait d’industrialiser le secteur, ce qui permettrait aux Maliens et aux étrangers d’en apprendre davantage sur le patrimoine culturel du pays. En plus, « cela peut réduire le taux de chômage », atteste El Hadj Djitteye, activiste culturel et chercheur sur l’héritage culturel du Mali, en particulier sur le patrimoine de Tombouctou. De plus, mettre sur pied une vraie industrie culturelle permettrait aux régions du nord – où le tourisme est en berne depuis 2012 – de « développer la vente en ligne des produits artisanaux. Cela peut développer le secteur et permettre aux artisans de vivre de leur art », déclare-t-il.

L’aspect économique a une grande importance, puisque les retombées peuvent générer des revenus, en plus de la visibilité, pour un secteur souvent qualifié de « parent pauvre ». Parler d’industrialisation de la culture a donc du sens. Au ministère, on soutient « elle est nécessaire. Notre premier effort a été de doter le Fonds du cinéma d’un budget de 6 milliards sur 3 ans, de voir l’impact que cela peut avoir sur l’industrie cinématographique et de l’étendre aux autres secteurs de la culture ».

D’ailleurs, le cinéaste Souleymane Cissé, lors de son intervention au forum Invest in Mali, a évoque ce sujet. « Il n’y aura jamais de développement sans culture. Il est temps que le Mali fasse de l’industrie culturelle sa force. Cela est indispensable à notre survie ». Quant à El Hadj Djitteye, il estime que la « créativité doit être au cœur des débats politiques et le gouvernement doit accompagner les initiatives culturelles pour un Mali meilleur ».

« Les sites classés au Patrimoine mondial ne sont pas assez valorisés », regrette le chercheur, qui pense que les Maliens ne mesurent pas assez l’importance de leur héritage culturel, ce qui explique que le gouvernement « oublie » le secteur. « Il faut que les pouvoirs publics prennent en main la culture. C’est une ressource certaine. Investir dans la culture, c’est investir dans l’avenir », conclut-on au ministère.

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MaliCulture est une jeune et nouvelle initiative de Dia Djélimady SACKO, Femme de Lettres, de Culture, Chargée de communication et Ex-professeur de Lettres, consultante en édition. Entreprenante et passionnée de Médias et de Culture, la franco-malienne travaille pour faire de Mali Culture la référence médiatique en matière de vulgarisation des expressions culturelles au Mali. Avec sa petite équipe de stagiaire, qu’elle veut voir grandir, elle entend accompagner les entreprises culturelles dans la diffusion et la valorisation de la culture malienne. Dia est diplômée d’un Master2 de Lettres Recherche et de Science de l’Éducation de l’Université de Toulouse.

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