Quand la littérature est engagement : l’Association la Voix du Mali s’engage pour Ramata Diarra

Une semaine après le grand concert de Salif Keïta, voilà que la ville de Fana accueillait ce samedi 24 novembre un autre événement d’envergure en hommage à la petite albinos Ramata Diarra, assassinée le 18 mai 2018. Il s’agit du lancement de l’ouvrage collectif initié par l’Association la Voix du Mali, dirigée par l’écrivaine Aïcha Diarra.

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C’est la salle de conférence de la Mairie qui a servi de cadre à cette cérémonie, elle a réuni autour de l’auteure Aïcha Diarra plusieurs personnalités dont l’ancien Premier ministre Moussa Mara, préfacier du livre, le sous-préfet de Fana Bénéna Moukoro, la présidente de l’Association malienne pour la protection des Albinos, Aminata Traoré, la présidente de la Fondation Salif Keïta, Keïta Coumba Doucouré, les parents de Ramata Diarra devant de nombreux autres invités venus diverses localités pour dire non au barbarisme fait aux albinos.

La cérémonie était pleine d’émotion, une seule image revenait sans cesse à l’esprit de tous, Ramata Diarra supprimée sans avoir rien fait pour mériter ce sort douloureux. Très engagée depuis le tragique événement, l’Association la Voix du Mali a choisi la plume pour exprimer son indignation suite à cette ignominie. « Les paroles s’en vont, mais les écrits demeurent pour toujours ». Cet ouvrage collectif est un recueil de plus de 100 poèmes, signés par 11 écrivains de différentes nationalités. Il est déjà en vente au prix de 3.000fcf. les 70% des revenus du livre seront remis à la famille de Ramata Diarra, et les 30% restant, assureront les frais d’impression. « C’est pour répondre à la sollicitation de la mère de Ramata Diarra, que nous avons initié cet ouvrage. Nous ne l’avons pas fait pour nous montrer, ni pour chercher de l’argent. Par contre nous en dépensons plus. Notre Association se fixe comme objectif la défense de la liberté d’expression et des Droits de l’Homme », à expliqué Aïcha Diarra.

L’assassinat de Ramata Diarra n’a laissé personne indifférente, c’est pourquoi les uns et les autres sont ensemble dans une dynamique de conjugaison des efforts, pour lutter de manière consistante, afin que de tel acte ne se reproduise jamais.

Pile au rendez-vous, la présidente de l’Association Malienne pour la Protection des Albinos (AMPA), Aminata Traoré s’est réjouie de ce recueil qui immortalisera leur sœur Ramata, avant d’ajouter que le monde entier a été témoin oculaire de son assassinat.  Sur ce, elle a lancé un cri de cœur aux plus hautes autorités de notre pays pour que des enquêtes soient diligentées, afin d’arrêter les coupables. « Chaque être humain a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la sureté de sa personne. Pourquoi ôter la vie à quelqu’un pour des raisons malsaines ? », s’est-elle interrogée. S’appuyant sur la charte de Kurukanfuga et la déclaration universelle des Droits de l’Homme, Aminata Traoré a rappelé qu’aucune institution ou constitution au monde n’admet qu’on tue une personne pour un besoin.

Le préfacier de l’ouvrage Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali en prenant la parole a catégoriquement condamné cet acte ignoble fait à la petite Ramata. « Que l’humanité ne vive plus jamais cela ». il a félicité et encouragé Aïcha Diarra et ses collaborateurs pour cette initiative, qui pour lui illustre à suffisance que «  les jeunes maliens pensent aux autres jeunes maliens ». Compatissant à la dépression des parents de la victime, l’ancien chef de l’exécutif a dit qu’ils méritent l’assistance tous les jours par toutes personnes de bonne volonté. Et comme priorité pour la famille Diarra, M. Mara prône la justice : « cette famille ne fera jamais son deuil, tant que la justice ne sera pas faite ». Pas seulement pour Ramata, il la demande pour tous, faute de quoi c’est toute l’image de notre pays qui est ternie. Il s’est enfin confié au sous-préfet de Fana, Bénéna Moukoro en sa qualité de représentant de l’Etat, de passer son message au juge de Fana pour que les enquêtes soient approfondies, et surtout de libérer ceux qui ont manifesté pour Ramata, qui sont aujourd’hui en incarcération (qui auraient violenté selon les autorités).  Monsieur Moukoro a affirmé avoir pris bonne note, et a promis de faire tout ce qui ressort de ses compétences, pour permettre la fluidité des enquêtes. Il n’a pas manqué de solliciter l’accompagnement de la population pour y arriver.

Au paravent, la famille Diarra à travers son griot, avait remercié l’Association la voix du Mali pour ce geste à l’égard de leur regrettée fille.

Les prestations des groupes de slam Argoratoire ont ému l’assistance à travers de belles paroles en la mémoire de Ramata.

C’est l’imam de Fana, représentant la notabilité qui a levé la séance par ses prières pour le repos de la fillette albinos.

Aïcha Diarra a remis un exemplaire de l’ouvrage au père de Ramata Diarra, accompagnée d’une enveloppe symbolique.

Ibrahim Togola

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MaliCulture est une jeune et nouvelle initiative de Dia Djélimady SACKO, Femme de Lettres, de Culture, Chargée de communication et Ex-professeur de Lettres, consultante en édition. Entreprenante et passionnée de Médias et de Culture, la franco-malienne travaille pour faire de Mali Culture la référence médiatique en matière de vulgarisation des expressions culturelles au Mali. Avec sa petite équipe de stagiaire, qu’elle veut voir grandir, elle entend accompagner les entreprises culturelles dans la diffusion et la valorisation de la culture malienne. Dia est diplômée d’un Master2 de Lettres Recherche et de Science de l’Éducation de l’Université de Toulouse.

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