Mali : « Balkissa, les démons de minuit », un film qui retrace les souffrances de la femme au foyer

Ce vendredi 29 mars 2019, au « cinéma Babemba », s’est projeté un film intitulé « Balkissa, les démons de minuit ». Il a été réalisé par la cinéaste Aïda Mady Diallo et produit par Afribone Mali. La projection s’est déroulée en présence du Directeur du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Modibo Souaré et de tous les acteurs et actrices du film.

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Plus de 700 spectateurs sont venus regarder le film Balkissa. C’est l’histoire d’une famille au début, réunie, stable financièrement et recouvrant tout l’amour que nous pouvions imaginer dans la vie. Balkissa et Dramane étaient à leur 35ème année de mariage et ils ont eu trois enfants.

Cette famille ne vivait que le bonheur, jusqu’au jour où, Dramane tomba amoureux de la copine de sa secrétaire, Youma. Cette fille a conquise son cœur et l’a traîné à sa guise. Entre-temps, il y avait également un jeune homme très riche qui était amoureux de Youma, mais sa préférence était le vieux de plus de 50 ans.

De l’autre côté, plus aucun jour de sommeil pour Balkissa, son mari n’avait plus le temps pour les occupations de la maison. Sa concurrente Youma, d’à peine 20 ans, avait en quelque sorte envoûté l’époux de cette dernière. Dramane ne pensait même plus à régler la scolarité de ses enfants. Il avait un fils Salif, à qui il a confié la gestion de toutes les affaires de la maison. Ce Salif, avait perdu sa mère. Alors, Balkissa était sa marâtre, qu’il n’aimait pas du tout, « scène de vengeance » ndlr.

Balkissa et ses enfants tombèrent dans la dépression, le mari ne vivait plus dans la maison. On venait d’ailleurs de l’annoncer, que Dramane a décidé de prendre Youma comme seconde épouse. Donc, bienvenue la sollicitation de tous les marabouts compétents pour le retour de son mari à la raison. Comme d’habitude, ces individus font preuve d’escroquerie, sous réserve de connaissances et de liens avec les forces surnaturelles. Balkissa s’est fait berner, aucune solution. Le mari cherche même d’ailleurs a prolongé la durée de sa semaine nuptiale, car il s’était déjà plu dans le mariage avec cette fille.

Malheur sur malheur, Balkissa finira par délaisser même l’éducation de ses enfants. Modibo tomba dans la délinquance et Mimi, sa petite sœur, tombe enceinte du garçon de la maison. Le jeune Modibo, maintenant ami avec des gens qui n’ont pas de familles certaines (les délinquants), cherchera à venger les souffrances que vivent sa mère. Il alla percuter son père avec sa moto grosse cylindrée, qui se retrouvera de suite à l’urgence. Youma, apprenant la nouvelle, décida d’abandonner le vieux, désormais condamné à la paralysie. Encore Balkissa, bonne femme de foyer, c’est elle qui s’occupe de son mari. Modibo a regretté son acte et Youma, désormais ancienne épouse de Dramane, retourna avec son premier copain Cissé pour s’assurer un avenir certain. Elle est venue en briseuse de foyer et  est partie en laissant des traces pitoyables de tristesse dans la famille.

Ce film parle de l’infidélité des maris, la souffrance des femmes, la prise de mauvaises décisions qui se retourneront toujours contre nous. Il prône une vraie prise de conscience à l’intérieur des quatre murs de chaque foyer et même au-delà.

Mme Aïda Mady Diallo, réalisatrice du film, témoigne qu’il est un ensemble de vécus réels de son entourage, proches, adapté un peu au cinéma et demeure son premier long métrage en dehors des séries qu’elle a réalisé. Elle juge que ce film lui a coûté beaucoup de temps pour le tournage (26 jours) et beaucoup d’investissements, il fait en tout (1heure-28 min). Quant à l’histoire qui s’y dégage, elle revient sur le fait qu’elle n’est pas une donneuse de leçon, mais que le film est tout d’abord un divertissement basé sur nos faits de société. Elle estime toutefois qu’il est bien que les gens retiennent quelque chose sur les manières de vivre et de procéder aux choix dans la vie.

« Ce film est un très bon roman social, qui est allé en profondeur des relations interpersonnelles. Aïda Mady Diallo a d’abord commencé par l’écriture avant de se retrouver dans la réalisation. Il y a pleinement dans ce film le processus littéraire de la création artistique », s’exprime Dia Sacko, communicatrice, défenseure de la culture malienne. Elle salue Mme Diallo pour la présentation de ce beau film et s’avoue être contente d’avoir assistée durant ces deux semaines de suite à la projection de films maliens. Elle ajoute qu’il y en a d’autres aussi qui sont en préparation pour diffusion, courant cette année, se réjouit-elle.

A la fin du spectacle, les acteurs du film ont exhorté le directeur du CNCM à produire durant cette année 2019, beaucoup de films pour davantage redonner un visage enviable au cinéma malien.

Sory Ibrahim Keita

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