Noumoukè Camara: sur les traces de Basquiat

Sa devise c'est: "Vivez l'art au Quotidien, pour l'amour de l'Art", Tous Azimuts ( Bamako-Dakar) est le nom de son exposition qui a eu lieu du 1er février au 1er mars. Il s'appelle Noumoukè Camara. Il existe un air de Jean-Michel Basquiat chez le jeune Peintre-Dessinateur malien, Professeur d'Arts plastiques au lycée. Si de chaos transpire l’œuvre du peintre Haïtien comme pour ordonner ou apaiser la révolte du premier, les traits de Noumoukè sont précis. Et pourtant retrace l'activité par le biais du mouvement. Le Dessinateur-Peintre a organisé dans un Hôtel privé de Bamako une exposition explosive aux allures de vente aux enchères. Dès l'ouverture de l'exposition, les tableaux partant comme des petits pains se délectaient de l'engouement qu'ils créaient. Une exhibition qui devait durer un mois a duré le temps d'un apéro. Numoukè Camara répond à nos questions!

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Bonsoir Noumoukè Camara, pourquoi le dessin aujourd’hui au détriment de la peinture, tes premiers amours?

Bonsoir Dia merci pour tout ce que tu fais et tout ce que tu veux faire pour les artistes et d’abord pour commencer moi effectivement je suis peintre de formation mais aujourd’hui dessinateur.

J’ai commencé par la peinture et je peins encore.  Mais pourquoi je choisis cette branche naturellement, le dessin fait partie des arts plastiques et qui est l’un des piliers des arts plastiques donc c’est pour dire qu’il ya plusieurs raisons d’abord je t’avais dis que je suis artiste peintre graphiste et enseignant d’art alors lorsque on m’a muté à Gao en septième région du Mali à l’époque j’avais apporté mes matériels avec moi après mes cours d’art plastique je peignais et comme j’aime beaucoup travailler j’ai un rythme qui est assez soutenu alors j’ai épuisé mes matériels de peinture.

Ce qui explique ton virage vers le dessin?
 A la fin il ne me restait que de l’encre de Chine, de l’encre a dessiné du papier agenda, des crayons de papier et crayons de couleur. Alors je fais quelques jours sachant que pour trouver les matérielles d’art plastique c’est quasi impossible à Gao, il faut avoir soit des relations en occident ou bien à Dakar ou Abidjan, or moi j’étais même pas à Bamako donc il fallait improviser pour maintenir mon rythme. Ainsi j’ai commencé à dessiner avec ce que j’avais sous la main.
De la frustration est donc née une nouvelle passion?
C’est vraiment dans la douleur et pour confirmer qu’un artiste doit s’adapter, j’ai étouffé ma frustration et je me suis mis à plancher. Si on y réfléchit un peu, et si je prends le recul nécessaire je trouve que l’élément déclencheur est un bon prétexte au final. Je constate avec les jeunes, nos cadet, nos neveux, nos enfants aujourd’hui qu’ils ignorent tout du dessin alors qu’il est l’un des piliers des arts plastiques, tu as beau être un bon peintre un décorateur, un designer, un sculpteur si tu ne sais pas dessiner ta carrière est vouée à l’échec.
Vous encouragez donc la jeunesse à s’intéresser à votre art?
Le dessin est fondamental dans les arts plastiques, en l’occurrence ceux qui s’intéressent à mon art sont les bienvenus, mais la motivation est la clef. Tu sais j’ai appris le dessin à des personnes qui font de la promotion de l’art maintenant, une a ouvert une galerie récemment. Oui les jeunes doivent s’intéresser au dessin, aux arts.
Quel thème marque ta création artistique?
Je suis un homme qui vient d’un quartier animé de Bamako, Bamako-coura et avant, pendant ma jeunesse tout ce qui était divertissement tout ce qui était espace de rencontre  était à Bamako-coura, nous on côtoyait toute sorte personne, de toute origine, aussi des occidentaux et les nationaux. Les marchés de dibida, malimag c’était le super marché des toubab, ce quartier grouille de monde. Et voilà donc j’aime beaucoup les mouvements. C’est pourquoi je m’inspire tant des mouvements, de l’activité humaine dans les villes, dans les taxis-bus, les cafés, les marchés, sur les motos, etc. Je dessine donc des faits réels, des scènes de la vie quotidienne. Je transmets ce que les rues de Bamako et de Dakar vivent au quotidien, il y a aussi Dakar. Je veux que quand on regarde mes tableaux que l’on entende les voix des passants, leurs ricanements, leurs chamailleries, leurs joies de vivre, leurs pleurs et leurs fous rires.
Merci beaucoup Noumoukè… Bravo!
Merci à toi et à bientôt 
Dia Sacko

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